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RÉDUIRE LES EFFETS INDÉSIRABLES DE LA POLYPHARMACIE

Barbara Farrell s’efforce de simplifier le processus de cessation d’un médicament au même titre que celui de son commencement.

    Il y a plus de vingt ans, lorsque Barbara Farrell, Pharm. D., a commencé à réaliser des évaluations des médicaments à l’Hôpital de jour gériatrique de Santé Bruyère, elle a constaté une tendance inquiétante : les aînés prenaient systématiquement un grand nombre de médicaments. Certains médicaments s’avéraient inutiles, d’autres nocifs, et de nombreux patients ne comprenaient pas tout à fait pourquoi ils les prenaient.

    Mme Farrell est chercheuse principale à l’Institut de recherche Santé Bruyère et fondatrice de l’équipe de recherche qui a élaboré les lignes directrices sur la déprescription chez deprescribing.org. Elle explique que « La polypharmacie augmente le risque d’interactions médicamenteuses et peut entraîner des effets indésirables, tels que des troubles du sommeil, des vertiges, des chutes et des fractures ». « J’ai même vu des patients atteints de démence dont les symptômes s’amélioraient lorsque nous arrêtions certains médicaments », poursuit-elle.

    Malgré ces risques, elle a également remarqué que les prescripteurs se sentaient souvent contraints par des directives cliniques qui mettaient l’accent sur le début d’un traitement, mais fournissaient peu de conseils sur le moment ou la manière d’arrêter un médicament en toute sécurité.

    Cette expérience a fait naître l’idée qui allait définir la dernière partie de sa carrière : et si arrêter de prendre un médicament pouvait être aussi simple que commencer à l’utiliser?

Lutter contre la prévalence et les problèmes liés à la polymédication

    Mme Farrell et son équipe se sont donné pour mission de créer quelque chose de nouveau : des lignes directrices fondées sur des données probantes en matière de déprescription, auxquelles les cliniciens du monde entier pourraient se fier.

    « Les lignes directrices sur la déprescription comprennent des algorithmes pratiques visant à réduire ou à arrêter les médicaments qui ne sont plus bénéfiques », explique Mme Farrell. Son équipe a déjà mis à l’essai les trois premières lignes directrices dans des centres de soins de première ligne et des établissements de soins de longue durée à Ottawa. « Pour les patients qui prenaient plusieurs médicaments, cela pouvait se traduire par une réduction significative de la polypharmacie et une amélioration de leur qualité de vie. »

    Le projet a pris son envol.

    Aujourd’hui, l’équipe derrière deprescribing.org a publié six lignes directrices accompagnées d’algorithmes d’aide à la prise de décision. Plus de 400 000 personnes ont téléchargé les quatre premières depuis leur publication dans la revue Médecin de famille canadien. Ces lignes directrices ont été citées dans plus de 750 publications et mises en œuvre dans plus de 20 pays. Elles influencent désormais les outils d’évaluation de la polypharmacie, les ressources d’information sur les médicaments et la prescription électronique, et sont intégrées à la pratique clinique à l’échelle mondiale.

    Cela a favorisé une évolution mondiale vers une utilisation plus sûre et plus réfléchie des médicaments.
IAF Lisa Sheehy Photo.png

« Lorsque nous avons commencé ce travail, la déprescription était un concept émergent. Aujourd’hui, elle redéfinit la prestation des soins et donne plus d’autonomie aux cliniciens. »

Barbara Farrell, Pharm. D.

Chercheuse principale à l’Institut de recherche Santé Bruyère
Fondatrice et conseillère principale chez deprescribing.org

Création d’un mouvement international en faveur de la déprescription

    Actuellement, une équipe internationale collabore à l’intégration des principes de déprescription dans toutes les recommandations cliniques. Les cliniciens pourront ainsi non seulement réfléchir au moment de prescrire un médicament, mais aussi à celui de réévaluer, de réduire ou de retirer complètement un médicament.

    L’équipe de Mme Farrell a rendu sa méthodologie librement accessible dès le début, ce qui a permis à d’autres de s’appuyer sur ses travaux. Ces derniers ont transformé la prise en charge médicamenteuse des personnes âgées en leur offrant moins d’effets secondaires, plus de clarté et une meilleure qualité de vie.

    « Lorsque nous avons commencé ce travail, la déprescription était un concept émergent. Aujourd’hui, elle redéfinit la prestation des soins et donne plus d’autonomie aux cliniciens », explique Mme Farrell. « Plus important encore, les directives de déprescription aident les patients à vivre plus sainement et à réduire les risques. »

Ensemble, transformons cet avenir en réalité.

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