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LA MUSIQUE AU PROFIT DU MOUVEMENT ET DE LA MÉMOIRE

Le Dr Neil Thomas voit une voie créative vers un bien-être accru

    La population canadienne vieillit, mais cette longévité s’accompagne de nouvelles épreuves. Les aînés présentent un plus grand risque de fragilité et de problèmes de mobilité, ainsi que de changements cognitifs liés à l’âge. Avec l’augmentation des taux d’isolement social et de solitude, ces difficultés peuvent nuire à leur qualité de vie de manière silencieuse.

    Le Dr Neil Thomas est chercheur à l’Institut de recherche Santé Bruyère et neurologue à la Clinique de la mémoire Santé Bruyère. Pour lui, la question devient de plus en plus claire : comment soutenir les aînés de manière à favoriser non seulement leur santé physique, mais aussi leur cognition, leurs liens sociaux et leur bien-être? Pour répondre à ces besoins complexes, des approches qui dépassent le cadre clinique pour s’inscrire dans la vie quotidienne s’avèrent nécessaires.

    « La musique offre une réponse prometteuse, » explique le Dr Thomas. « Elle a le pouvoir de rassembler les gens, d’éveiller l’esprit et d’encourager le mouvement. Exploiter ce potentiel de manière réfléchie et efficace nécessite toutefois des données probantes, de la collaboration et de l’ouverture d’esprit pour intégrer la créativité aux soins. »

La musique et le mouvement sont au cœur des soins

    Une grande part de notre santé et de notre bien-être se construit en dehors du cabinet du médecin. Si bien les soins cliniques demeurent essentiels, agir sur les dimensions sociales, émotionnelles et psychosociales du bien-être comme stratégie préventive contre le déclin physique et cognitif est tout aussi important.

    En partenariat avec l’Institut de recherche en musique et santé de l’Université d’Ottawa et le Royal, le Dr Thomas étudie la manière dont les activités créatives axées sur le mouvement peuvent enrichir les soins traditionnels afin de soutenir la santé physique et cognitive des personnes âgées.

    Ensemble, ils élaborent, évaluent et perfectionnent des pratiques exemplaires pour des programmes communautaires de musique et de mouvement. Leur objectif est de comprendre ce qui fonctionne, pour qui, et dans quelles circonstances, afin que les programmes alliant musique et mouvement puissent être intégrés de manière pertinente dans les systèmes de santé et sociaux.

    « L’inactivité physique et l’isolement social sont des facteurs de risque modifiables de la démence, » souligne le Dr Thomas. « Comprendre en quoi la musique et l’activité physique peuvent constituer des facteurs de protection contre la démence et le déclin cognitif peut nous aider à concevoir des soins créatifs et empreints de compassion. »
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« Comprendre en quoi la musique et l’activité physique peuvent constituer des facteurs de protection contre la démence et le déclin cognitif peut nous aider à concevoir des soins créatifs et empreints de compassion. »

Dr Neil Thomas

Chercheur, Institut de recherche Santé Bruyère
Neurologue, Clinique de la mémoire Santé Bruyère

Une ordonnance de musique

    Offert dans les locaux de l’Hôpital de jour gériatrique John-et-Jennifer-Ruddy de Santé Bruyère, le programme Musique et mouvement connaît déjà une participation enthousiaste de la part des patients et des proches aidants. En collaboration avec la Dre Anne Monahan, médecin spécialisée en soins aux aînés à l’Hôpital de jour, le programme est passé d’un groupe hebdomadaire à quatre en seulement deux ans. D’anciens patients de l’Hôpital de jour comptent parmi ses participants les plus actifs.

    Au-delà des témoignages positifs, la recherche met en évidence les effets de ces programmes sur la cognition, l’humeur, l’isolement social et d’autres facteurs influençant la qualité de vie et le bien-être des patients, en plus des bienfaits physiques. Le Dr Thomas s’intéresse particulièrement à la façon dont ces programmes peuvent soutenir la fonction cognitive tout en réduisant les symptômes d’anxiété, de dépression et les sentiments de solitude chez les personnes atteintes de démence.

    En fin de compte, l’objectif vise à mettre en place un modèle durable et fondé sur des données probantes de « musique sur ordonnance » que les professionnels de la santé pourront recommander en plus d’autres traitements.

    « J’imagine un avenir où les aînés vivant avec des problèmes de santé chroniques dansent avec assurance, où les proches aidants partagent des moments de joie avec leurs êtres chers, et où la musique devient un pilier reconnu de la santé et du bien-être, » conclut le Dr Thomas.

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